B comme Bibliographie

Bouhhhh !!! Il nous avait promis du fun, pas des trucs chiants !

Oui, je sais, mais un bon généalogiste se doit d’avoir une bonne bibliographie *évite une tomate*, c’est-à-dire qu’il doit savoir chercher les bons livres au bon endroit. En gros, c’est un article de méthodes que je vous propose, c’est tout. Pas un cours magistral sur comment rédiger une bibliographie pour votre future thèse. Soulagés ? Oui ? Alors, commençons.

Bon, je suppose que vous connaissez tous Gallica, GoogleBooks et Archive.org ? Non ?! Alors, jetez-y un coup d’œil puis revenez.

Sur ces sites, vous pouvez par mots-clés trouver vos ancêtres ou des renseignements sur un village, une profession, une confession, etc. La BNF (Gallica) a passé il y a quelques temps un accord avec Hachette pour réimprimer à la demande certains livres de la base de données. Ainsi, si vous voulez la version papier, vous pouvez vous procurer un livre rare. Attention, cependant, car les réimpressions sont parfois plus chères que l’original (!!!) ; je vous conseille de faire un tour sur Abebooks et surtout sur Livre-rare-book qui est un site merveilleux réunissant beaucoup de libraires spécialisés dans les livres anciens et rares. Personnellement, j’y fais souvent mon marché. Ainsi, vous pouvez trouver dans GoogleBooks un accès limité à un article des années 1960 d’une revue où apparaît votre ancêtre. Un tour sur Livre-rare-book (ou même PriceMinister) et hop, vous pouvez commander l’article.

Mais il n’y a pas que ces sites. Je vous conseille de jeter un coup d’œil sur les bases Persée et Cairn, des bases de données comprenant de très nombreuses revues universitaires. Persée est totalement gratuite tandis que Cairn l’est pour les étudiants des universités partenaires. Ainsi, si vous habitez près de l’université, vous pouvez utiliser les ordinateurs de la fac à la bibliothèque, pour avoir accès à Cairn en illimité. Sinon, vous payez les articles quelques euros mais vous êtes sûr de la qualité du travail effectué. Ce n’est pas le cas pour tous les articles que vous trouverez sur Internet, voire même pour les livres sur Gallica écrits par des historiens plus ou moins bons du XIXe siècle voire des compilateurs.

Mais acheter ou emprunter des livres où figurent vos ancêtres, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Déjà parce qu’il faut avoir la chance d’avoir ses ancêtres dans des bouquins, mais en plus parce que savoir que « Monsieur Durand a reçu en prêt 100 carambars du duc de X », ça a un intérêt limité. Alors vers quoi se tourner ? Vers les livres d’histoires, pardi !

Vous avez des fermiers de la région parisienne dans votre famille ? Lisez la thèse de Moriceau. Des censiers du Hainaut ? Le livre de Fulgence Delleaux. Vous avez des protestants provençaux ? Lisez la thèse de C. Borello. Des protestants du Dauphiné ? Lisez Eugène Arnaud et Stéphane Gal. Des pêcheurs marseillais ? Les travaux de D. Faget.

« Oui, mais je suis une bille en histoire, y a pas des livres plus généraux ? »

Bien sûr. Je vous conseille de commencer, pour contextualiser le tout, par les ouvrages pour les L1 (première année de licence) ; la collection Premier Cycle chez PUF avec notamment pour le XVIe siècle la synthèse d’Arlette Jouanna. Ou les synthèses sur le XIXe et XXe siècles de Bernstein et Milza. Commencez modestes, mais pas trop non plus (pas la peine de commencer par L’histoire de France pour les nuls, laissons ça au Président), car vous êtes capables de vous en sortir, ces synthèses sont claires, simples à lire (Hobsbawn est aussi très bien, mais il écrit sur le monde en général à l’époque contemporaine) avec des bibliographies indicatives.

Mais ensuite, il faut lire des livres plus spécialisés. Ceux que je vous ai cités plus haut sont passionnants à lire.

Personnellement, je suis contre garder le savoir pour quelques initiés et je vais être franc : tout le monde, avec de la patience, peut lire ces ouvrages et d’autres. Les historiens jargonnent assez peu, pas plus que les généalogistes en tout cas, alors que certains universitaires jargonnent (souvent pour masquer le manque de profondeur de leur propos).

On a la chance, en France, d’avoir d’excellents historiens de notre pays, même si beaucoup reste encore à faire (tant mieux pour la jeune génération). Profitez-en.

Voici quelques éditeurs universitaires que je conseille : Les Presses Universitaires de Grenoble pour le Dauphiné, du Septentrion pour le Nord, de Provence pour… la Provence. Les Presses Universitaires Paris-Sorbonne, Presses Universitaires de Rennes (qui publient des livres sur toutes les régions), PULIM (Presses Universitaires de Limoges), et bien d’autres.

Foncez, constituez-vous une bibliothèque, lisez, apprenez, puis écrivez des articles sur votre (futur) blog ou livre sur votre famille !

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5 réflexions sur “B comme Bibliographie”

  1. Voilà un beau tour de la question. Le risque c'est d'avoir plus de livres que d'étagères pour ceux qui comme moi ne résistent pas longtemps à en acheter.
    Je voudrais ajouter que les bibliothèques sont des ressources importantes : bibliothèques municipales au rayon livres régionaux. Lorsque j'apprécie un livre lu en bibliothèque j'achète souvent pour travailler à ma guise.

  2. J'achète ces conseils avisés ! J'ai souvent envie d'en savoir plus sur un point d'histoire, ou une particularité régionale lors de mes recherches.

  3. Merci pour vos commentaires.

    J'essaie de donner des pistes de recherche à partir de ce que je connais le mieux : la recherche en histoire. Souvent, les historiens méprisent les généalogistes, et je trouve cela dommage car au contraire, l'avenir appartient à un travail main dans la main. Je fais donc profiter de conseils reçus en tant qu'étudiant les généalogistes.

    Briqueloup, effectivement, les bibliothèques peuvent être utiles. Je n'en ai pas parlé parce que tout le monde n'a pas une (bonne) bibliothèque à proximité. Tu as raison, l'envie d'acheter beaucoup est grande ; il faut savoir se limiter.

    Mon ultime conseil pour l'achat de livres : choisir ceux des bibliographies proposées dans les ouvrages universitaires. En général ce sont de bons choix. Toujours favoriser les thèses, car on est sûr que le chercheur y a passé du temps (et puis bon, c'est écrit par un docteur en histoire).

    Bon challenge A-Z à tous et encore merci de vos commentaires.

    Thomas de Sacrés Ancêtres!

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