L comme Lourmarin


Je ne vais pas vous parler de Lourmarin dans son ensemble, mais de la plainte des catholiques de Lourmarin envers les protestants en 1665. En fait, je vais faire mieux que ça, je vais vous la retranscrire et vous laisser admirer la prose de l’époque. Je vais vous laisser tirer les conclusions que vous voudrez, les pistes que vous pourriez découvrir, vos moyens d’aborder la généalogie et l’histoire, bref, vous avez le document brut retranscrit. En fin d’article, vous trouverez des pistes bibliographiques pour exploiter ce document.
A vous de jouer !
Le document est aux AD13 (dépôt de Marseille), à la cote 101 E 76
Plainte des catoliques de Lourmarin contre ceux de la religion P.R. du mesme lieu, faite en 1665
D’autant que ceux de la religion pretendue reformée du lieu de Lourmarin ont formé certaines plaintes au sieur de Peirese et autres officiers de monseigneur le duc de Lesdiguieres touchant les mauvais traitemens qu’ils presupposent avoir receu des catoliques du mesme lieu, et que mondit seigneur pourroit s’en formaliser cela donne sujet aux catoliques de former leurs plaintes au contraire, et se justifier de leurs deportemens.
Et pour ne pas commencer les choses de trop loin de peur que l’oubli ou la dissimulation de l’antiquité ne servit de pretexte a quelqu’un pour nier ou excuser les fautes passées, on se contentera de marquer les plus notables depuis dix ou douze années sauf d’y adjouster les autres plus anciennes quy ont esté tellement publiées que personne ne les peut ignorer ny dissimuler.
Et pour proceder avec ordre l’on marque premierement ce que les pretendus reformés ont fait contre le bien et l’honneur de l’eglise catolique et des ecclesiastiques.
Les maux que les pretendus reformes ont fait a l’eglise de Lourmarin. Ils ont ruyné la chapelle de saint André
En l’année 1653 par une deliberation secrete du consistoire ou estoint presens le sieur Maurice ministre, maitre Pila diacre, maitre Antoine Sambuc notaire et autres consistoriaux, il feut donné pouvoir a Jean Corgier et Jean Salenc de ruyner et demolir la chapelle de saint André qui est proche de leur simetiere, ce qu’ils firent une nuict apres une grande pluye, apres quoy ils supposerent que s’estoit par accident que ladite chapelle avoit esté ruynée, neantmoins quelque temps apres ils se sont vantés eux mesmes de l’avoir fait.
Ils ont brisé la croix.
En 1660 le vicaire de Lourmarin ayant arboré une croix devant la chapelle de saint André ceux de la pretendue religion l’ont arrachée et brisée par trois diverses fois en des heures suspectes de quoy le parlement adverty desirant d’y pourvoir et ne pouvant neantmoins avoir une pleine et entiere conviction des auteurs de ce sacrilege a ordonné que la croix seroit remise en ladite chapelle, et qu’il en seroit dressé une autre de pierre de taille en la place publique aux despens de la communautté et a la diligence des consuls, ou du vicaire, avec deffenses a toutes personnes d’y fere aucun outrage a peine de la vie. Cest arrest a esté executé par ledit vicaire, quy n’a rien fait contre les formalités de la justice et neantmoins ceux de la pretendue religion en ont exclamés et ont voulu mesmes s’opposer et souffrir quelques despens par une contumace insupertable au lieu de rendre graces a Dieu et a la cour de ce qu’ils avoint sy bon marché de leur crime.
Ils ont empeché le vicaire d’administrer les sacremens.
En l’année 1662 et le mois de mars le vicaire dudit Lourmarin ayant esté appellé par Pierre Goulin converti a la foi catolique dans une grande maladie qu’il avoit, et ledit vicaire voulant luy administrer les saintz sacrements, il y feut empeché par Anthoinete Pradiere femme dudit Goulin assistée et instiguée par André Goulin et Pierre Chauvin tous de la religion quy avoint dessein de pervertir le malade suivant la deliberation de leur consistoire par toute sorte de moyens. Surquoy la cour ayant informé et decreté prinse de corps contre ladite Pradiere, elle feut enlevée d’entre les mains des officiers quy furent battus et excedés par les parens d’icelle et autres, et mesmes en la presence des consuls et autres plus apparents de ladite religion dont la cour ayant voulu fere de plus grandes poursuites, les coupables ont decliné a la chambre de l’ecdit, et de la au grand conseil pour eviter comme ils ont fait les punitions et supplices qu’ils avoint merité tellement qu’ils ont demeuré impunis.
Ils ont profané les festes.
Les pretendus reformés n’ont jamais voulu s’abstenir de travailler les festes commandées par l’eglise, non pas mesme celles de Noé, de Pasques, de la Pentecoste, de la mere de Dieu et autres plus solemnelles comme il conste par une infinité de verbaux, et bien que pour les corriger les officiers dudit lieu se soint contantés de leur fere souffrir de petites amandes par intervalles de temps, neatmoins ils ont eté se plaindre, comme sy les officiers leur avoint fait tort quoy qu’ils n’ayent rien fait qu’avec grande moderation, comme l’on offre de le justifier.
Ils ont insulté les vicaires et les prestres
Lesdits pretendus reformés ont souvent insulté et calomnié les vicaires et autres prestres ou religieus quy se treuvoint dans ledit lieu ; messire Jacques Rey jadis vicaire feut constaint de fere condamner Esther Mombrionne a un bannissement et a des grandes amandes avec reparation d’honneur pardevant la chambre de l’edit pour les exces commis en sa personne. Messire Cezar Bertrandy son successeur fit condamner Jacques Ramosse a des semblables peines. Et sans parler des autres pour n’estre trop long. Messire Pierre Notet a present vicaire feut excedé et chargé d’injures par Dauphine Martine assisté d’André Chauvin son mary en l’année 1662, a quoy la cour de parlement voulant pourvoir et ayant laxé commission pour informer, ledit messire Motet a empeché la poursuite pour le bien de la paix, et neantmoins ladite Martine instiguée par les consistoriaux n’a pas fait difficulté d’avancer malicieusement qu’elle avoit esté la plus mal traitée.
Ils ont dressé un temple contre l’edit de Nantes, mais il a esté demoly
On est obligé d’adjouter a ces injustices que les pretendus reformes ayant autrefois occupé une partie de l’eglise parrochiale de Lourmarin durant quelques années a la faveur des guerres civiles, ils en furent chassés en 1601, à la poursuite du seigneur archevesque d’Aix par authorité de justice : quelques ans apres et posterieurement a l’edit de Nantes ils dresserent un temple, mais en 1616 un orage de pluye l’ayant renversé, ils le rebastirent, et l’ont maintenu jusques en 1663 que par arrest de sa majesté il a esté demoli, apres quoy en ayant voulu refere un petit sur les vieux fondemens par une audace et desobeissance insuportable, la cour l’a fait raser. Ce quy fait voir que le temple de Lourmarin n’a jamais esté bien assis ny bien fondé, puis que ny la cour, ny le roy, ny l’eglise, ny le ciel n’ont jamais voulu le soustenir.
Ils ont perverty plusieurs catoliques par des moyens iniques
La mauvaise foy desdits prentendus reformés paroit encore en ce qu’ils ont retiré de l’eglise et du chemin de salut plusieurs personnes quy avoint esté receues en la foy catolique et comblées de bienfaits et des gratifications entre lesquelles on compte Jean et Guilleaumes barraus, Jean Chauvin, Pierre Jaimé et sa femme, Jean Aguiton et ses enfans, Leon Savornin sa femme etc. Et ce par des moyens iniques violents et contraires aux edits et ordonnances de sa majesté comme l’on offre de le justifier ; mais entre tous les autres ledit Leon savornin et sa femme ayant abjuré la religion P.R. dans l’eglise d’Eyguieres en l’année 1661, et ayant promis et juré la foi catolique sur les saintz Evangiles entre les mains du curé dudit lieu et en presence des officiers apres s’estre aussi confessés et communiés un jour de dimanche, ils parurent si effrontés et si perfides que le dimanche suivant ils retournerent au preche dans le temple de Lourmarin au grand escandale du public ; et neantmoins ils y furent bien venus du consistoire. La cour n’y ayant voulu pourvoir suivant les ordonnances a condamné ledit Savornin aux galeres, et sa femme a un bannissement ; mais ces criminels fugitifs ont evité cete peine par leur evasion.
Les maux que les pretendus reformés aux causé aux catoliques de Lourmarin
Les pretendus reformés de Lourmarin n’ont pas seulement offensé l’eglise par les moyens qu’on vient de deduire, mais encore ils ont fait et causé mile maux aux catoliques
Ils ont usurpé la maison du ministre sur la comunauté
Bien que la maison de leur pretendu ministre et la place du temple appartienent a la comunauté et que les catoliques y ayent leur part, neantmoins lesdits pretendus reformés les ont usurpées et appliquées entierement a leur usage au prejudice desdits catoliques comme l’on fera voir en temps et lieu.
Ils ont fait deshabiter plusieurs catoliques
Depuis environ dix ou douze ans ils ont constraint plusieurs desdits catoliques a deshabiter, ont refusé l’habitation aux artizans quy desiroint fere leur residence audit lieu, ont denié le salut a plusieurs et notamment au sieur vicaire et officiers du lieu, l’employ en leurs besognes, et les offices de charité ; et en cete derniere année Felis Caire hoste du Louvre quy a une des meilleurs familles d’entre les catoliques se treuvé expulsé de la maison du feu sieur de Beaurepaire par les menées desdicts pretendus reformés, quy ont tramé son delogement comme une afere de religion fort importante ; en quoy l’eglise le seigneur du lieu et la communauté perdront beaucoup parce que cete maison donoit sujet a quantité d’estrangers de passer ledit lieu, consumer les danrées, et donner du profit a tous.
Ils ont exclus les catoliques des charges de la communauté
On remarque que lesdits pretendus reformés ont occupé durant longues années les charges de la communauté sans en fere aucune part aux catoliques, jusques a ce que le roy et les parlements y ont pourveu comme aux autres lieux du royaume ; et que ceux de Lourmarin par-dessus tous les autres ont osé recourir au grand conseil et mettre les catoliques en proces pour raison de ce, les ayant fait assigner au mois de decembre dernier en les prenant pour parties formelles, comme sy les paouvres catoliques de Lourmarin estoint la cause des reglemens que le roy et less parlemens ont fait touchant les charges des communautés.
Ils se sont armés contre les edits de pacification
On adjouste que ceux de la pretendue religion de Lourmarin se sont armés en 1659 et 1663 ont tenu corps de garde durant plusieurs nuicts, ont fait le guet et autres fonctions militaires de leur propre autorité, soubs des apprehensions imagineres et des terreurs paniques, par ou ils ont fait courir risque aux catoliques de leur vie et de leur salut, qui periclitoint grandement sy monseigneur le gouverneur et le parlement ny eussent pourveu.
Le peu de respect qu’ils ont pour monseigneur le duc de Lesdiguieres
Ce n’est pas tout, on soustient que ceux de la religion ont eu fort peu de respect pour monseigneur le duc de Lesdiguieres. Car en 1664 son chasteau de Lourmarin feut pillé par trois larrons de la religion quy emporterent quantité de bled a ses fermiers et bien que ces voleurs fussent decouverts et convaincus, neantmois ils furent appointés secretement et guarantis de la peine qu’ils meitoint par l’intrigue du feu sieur Maurice ministre et du consistoire.
Pour ses officiers
Ils ont battu et excedé plusieurs fois les officiers de mondit seigneur. En 1661, Valentin Thomas sergent ordinere seut battu par Jacques Roustan, et enfin constraint a deshabiter par les menasses de François Rouet, André Goulin et autres de la religion. En 1663 et 64 Bertellemy Rolland aussi sergent a esté battu par André Aguiton, Pierre Estienne et autres en exploitans certaines commissions. Le procureur juriditionel a esté menassé chargé d’opprobres et d’injures par Jacques Ailhaud et autres en leur remonstrant qu’ils portoint prejudice aux terres dudit seigneur. Le greffier dudit Lourmarin a sa bonne part des imprecations opprobres et calomnies desdits pretendus reformés en haine de ce qu’il soustient les interests de l’eglise et des catoliques, et le sieur viguier aussi, pour dire que les officiers de mondit seigneur n’ont jamais ossé considerés comme ils devoint pour son respect.
Les usurpations qu’ils ont fait sur les terres de leur seigneur
On peut adjouster a cela que depuis seize ou 18 années que ceux de la religion ont tenu les domaines dudit seigneur en titre de soubs ferme ; la chasse a esté libre a tout le monde mesme dans ses garenes et coletes. Le bois de la terre de la roche et de la montagne en plusieurs endroits ont esté defrichés et les semes recueillis par lesdits de la religion sans qu’un seul catolique ayt osé y toucher, et enfin toute sorte de crimes et de desordres y ont esté tolerés, attandu que lesdits soubsfermiers n’en ont jamais voulu fere aucune poursuite.
Les maux que ceux de la religion se sont causés eux mesmes
Davantage lesdits de la religion se sont causés et procurés eux mesmes quantité de malheurs. En 1654 le sieur Pierre Monestier dit le Puget feut assassiné en consequence d’une querelle qu’ila voit avec le sieur Savornin et ses parens. Six mois apres Pierre Sambuc feut tué ; l’année suivante la maison de Jaume Aguiton feut brulée et iceluy blessé à la mort ; en cete derniere année la maison d’André Lason, d’André Ricoux et autres souffrirent une pareille incendie, André Aguiton et ses freres ont esté massacrés et meurtris de coups par un guetapan determiné, et enfin lesdits pretendus reformés ont perpetuellement de divorses et des proces ensemble tant civils que criminels par tous les tribunaux. L’ordinere de Lourmarin seroit une pepiniere de croces sy les officiers estoint assidus a leur rendre justice. Le siege de Saut celui d’Aix, le partlement, les comptes, la chambre de l’edit et le grand conseil ont quantité de proces des religioneres de Lourmarin, qu’il seroit trop long de raconter, par ou l’on peut juger que la plus part de leurs maux vienent d’eux mesmes et de leur mauvaise intelligence.
Les biens que les catoliques ont procuré à ceux de la religion
Pour les catoliques, et notamment certaines personnes de qualité quy ont voulu exercer leur charité envers les paouvres errants n’ont jamais rient fait ny pour eux ny contre d’eulx que par un motif de leur salut, et de leur conversion.
Plusieurs missions
On leur a envoyé plusieurs et diverses missions depuis quinze ou seize ans. Le sieur de Cros et le sieur Vitalis prestres ont demeuré trios ans chacun a Lourmarin tenans chambre dans le chasteau et faisans la fonction de missionnaires. Le sieur Motet vicaire a fait et fait actuellement la mesme fonction depuis dix ans, le pere Ballezard et le pere Cherubin capussins y ont fait la mission en 1656, le pere Anthoine dominicain en 1660, les sieurs Bonardy et Bayon prestres en 1663 plusieurs aumosnes et charités secretes ont esté faites envers ceux de la religion.
Plusieurs conversions
Depuis dix ans il s’en est converti plusieurs par la grace de Dieu, entre lesquels on compte maistre Jacques Vian officiers et sa femme, André Marteau et sa femme et deux filles, Jaume Aguiton sa femme et trois enfans, Pierre Goulin, François Aguiton, Jeanne Lazonne et trois enfans, Jean Boneau et un de ses enfans, Pierre Bertin, Jacques Monestier, Jacques Vian, Dauphine Ravelle, Magdeleine Anezine, Marguerite Aguitonne et autre quy perseverent toujours dans la foi catolique graces a Dieu
Plusieurs aumosnes et charités
Plusieurs enfans ont esté logés en vacation pour leur donner le moyen de vivre, plusieurs paouvres filles et vefves ont esté mariée par les aumosnes et liberalités qu’on leur a faites.
Establissement des officiers catoliques
Les officiers establis depuis quelques années sont catoliques, et en dernier lieu on en a introduit quelques uns aux charges de la communauté afin que l’autorité des officiers catoliques joincte avec celle de leur seigneur et de leur prince peut mieux servir a la conversion des religioneres.
De toutes ces bonnes œuvres on donne volontiers le premier prix et la plus noble couronne a monseigneur le duc de Lesdiguieres seigneur de Lourmarin comme y ayant le plus contribué ; les autres n’ayant jamais entendu fere aucune chose que soubs son bon plaisir et approbation.
Les plaintes de ceux de la religion sont vaines
Les pretendus reformés se plaignent neantmoins de ce qu’on leur procure tous ces bienfaits, ils grondent ils murmurent comme faisoint autrefois les israelites contre la manne qui leur tombait du ciel. Ils ont voulu fere entendre a leur seigneur que la demolition du temple, et autres evenemens pouvoint porter prejudice a la terre et fere deshabiter ses sujets. Ils ont porté certaines plaintes au sieur de Peires toutes pleines de passion et de suppositions a l’eglise et a la requisition dudit sieur de Peiresc les catoliques se sont assemblés le dixiesme janvier année presente 1665, ils luy ont declaré qu’ils ne se plaignoint point ny de leurs prelats ny de leur vicaire ny de la cour, mais seulement de ce que les gens de la religion exercoint envers eux les mauvais traitemens qu’on a couché cy dessus.
Et apres tout on a fait toucher au doigt audit sieur de Peiresc que le seigneur de Lourmarin n’avoit receu aucun prejudice en sa terre depuis la demolition du temple, que le nombre de ses sujets avoit plutost augmenté que diminué, que le passage des catoliques estrangers y estoit plus frequent parce qu’ils s’y arrestent avec plus de confiance qu’auparavant, et que quand il auroit perdu quelque chose d’un costé, il le repareroit d’un autre.
Les catoliques justifiés
Ce pourquoy les catoliques dudit Lourmarin, j’ay offrent de verifier tout ce que dessus par instrumens et par pieces authentiques, demeurent amplement justifiés, et par contraire les pretendus reformés font voir que mal a propos injustement et temerairement soubs correction, ils ont porté leurs pretendues plaintes, et que partant elles doivent estre rejettées comme vaines et ridicules.
      APPY B., Les protestants de Lourmarin, Église et Communauté de 1560 à 1685, Ed. Ampelos, sl., 2012
      APPY F., « Forcez-les d’entrer ». Les abjurations des Protestants Provençaux au XVIIème siècle, Ed. Ampelos, sl., 2008, 2 vol.
      BORELLO C., Les protestants de Provence sous l’édit de Nantes : essor, maintien ou déclin ? (1598-1685), thèse, Aix-Marseille, 2001, 3 vol.
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1 réflexion sur “L comme Lourmarin”

  1. Lourmarin est un bourg que je traverse lorsque je roule sur la route du sud. Quand on est à Lourmarin on n'est pas loin d'être arrivés chez nous. D'où mon interêt redoublé pour cette article.

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