De l’importance des déductions en généalogie

Sur Twitter, j’ai remercié un bénévole pour son aide précieuse. Il m’aide dans le cadre de mon Master en me numérisant des actes du Nord alors que je vis à Marseille. Il est totalement désintéressé, j’avais proposé de l’aider sur les Bouches-du-Rhône mais il n’a pas d’ancêtres sur place et, pourtant, il m’aide. Je ne sais pas si, un jour, je pourrai lui rendre la pareille. S’il passe sur le blog, qu’il sache toute ma gratitude.

Quoiqu’il en soit, en plus des actes demandés, il m’a fourni un relevé de la base NordCens, c’est-à-dire de la base des censiers faite par H. Deschamps dans les années 1990. Sur ce relevé figurent les Patte qui furent censiers.

Qu’est-ce qu’un censier, me direz-vous ? Eh bien, c’était un locataire d’une grande propriété agricole appartenant le plus souvent à un seigneur ou à l’Église. Assez aisés, les censiers aspiraient toutefois à quitter leur cense pour devenir des négociants en ville.

Sur ce relevé, j’apprends que Charles Patte, censier de Thiant, avait épousé Marie Agnès Leduc en 1713 (il cite un contrat de mariage) et qu’elle était fille de Claude et de Marie Françoise Trigault. Cela me fait remonter d’une génération, ce qui est génial, mais vous connaissez les généalogistes, ils en veulent toujours plus !

Je cherche sur Geneanet et je ne trouve pas l’ascendance du couple, mais Google étant l’ami des généalogistes, je lance une recherche et je tombe sur ce merveilleux site : http://cattenieres-d-autrefois.esy.es/

Et là, je tombe sur un contrat de mariage intéressant qui commence ainsi :
« Comparurent personnellement Pierre Rons fils à marier de Jean et de Jeanne Moustier assisté Mr Jean François Trigault prêtre et curé de Prémont son frère utérin, de Mr Antoine Trigault licencié en la faculté théologie prêtre aussi et curé d’Inchy Beaumont pareillement son frère utérin au nom et se portant fort de ladite Jeanne Moustier leur mère par laquelle ils promettent faire ratifier le présent contrat accompagné de Claude Leduc son beau-frère d’une part, Catherine Hutin fille aussi à marier d’Amand et Catherine Bricoult assistée d’iceux ses père et mère, de Philippe Hustin son frère, de Jean Hustin son oncle paternel, Philippe Bricoult son oncle maternel, Jean Taisne François Leduc et Jacques Hennino ses beaux-frères d’autre part, lesquels reconnurent que pour parvenir au mariage pourparlé qui au plaisir de Dieu se doit en bref solemniser à la face de notre mère la Ste Eglise si elle y assente entre lesdits Pierre Rons et Catherine Hustin d’avoir fait les portements, promesses, devises et conditions suivantes. »

Que note-t-on ?

Que l’époux est fils de Jean Rons et de Jeanne Moustier et qu’il a des frères utérins, c’est-à-dire du côté de sa mère. Ses frères portent le patronyme Trigault. Donc Jeanne Moustier a épousé un certain Trigault. Est présent, du côté de l’époux, un certain Claude Leduc qualifié de « beau-frère ». Conclusion, il a soit épousé une Rons, soit une Trigault. Et ô miracle, si vous regardez plus haut l’article, vous verrez que j’ai un Claude Leduc qui épouse une Marie Françoise Trigault. Qu’en déduit-on ? Que Marie Françoise Trigault est fille de Jeanne Moustier.

La prochaine étape ? Chercher le contrat de mariage de 1713 et regarder dans les tables des CM de Cambrai si d’autres actes peuvent permettre de mieux appréhender la vie de ces couples voire de remonter un peu dans le temps.

Alors, mon conseil du jour : cherchez de partout, entrez les noms de vos ancêtres dans Google et autres moteurs de recherche puis faites fonctionner votre cerveau ; faites des déductions.
Bonnes recherches !
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1 réflexion sur “De l’importance des déductions en généalogie”

  1. Ravi de découvrir que la transcription de l'acte a été utile 🙂 Vos conclusions me paraissent justes et me permettent aussi de compléter cette famille.

    Jérôme

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