Le généalogiste se prend-il pour Highlander ?

Le généalogiste a un objectif dans la vie, un seul : transmettre !

Il veut transmettre ses recherches à qui de droit. En fait, ce qu’il souhaite, c’est trouver la potion magique de l’immortalité, qu’on se dise dans 200 ans « c’est mon arrière x 3.14 grand-oncle Thomas qui a fait ces recherches, c’était un être fabuleux, en plus d’être beau il était très intelligent. » Oui, beau car vous aurez pris soin d’effacer les photos de vous pour ne laisser que la seule photo potable retouchée pour la descendance…

En attendant d’être immortel, de survivre dans la mémoire familiale, vous devez faire des recherches, parfois amusantes, parfois ingrates, à travers les registres mal tenus de vieux curés lapidaires ou d’officiers révolutionnaires illettrés. Vous devez manier le français, le latin, parfois le patois local, vous devez déchiffrer les écritures antiques, lire à travers les taches, deviner que la marraine est la grand-mère et que Tatie Ursule est bien la tante au troisième degré du côté de l’arrière-beau-frère paternel par alliance de Tatie Godensie.

Mais pourquoi ? Pourquoi faire ça ? Est-ce qu’il y aura vraiment quelqu’un que l’accumulation de noms et de dates intéressera ? Peut-être. Après tout, nous sommes bien là à twitter des trucs de bouffes (ah non, ça c’était un piratage) ou du moins à twitter notre life de généalogiste, à liker la découverte de Machin et à poker Machine parce que son ancêtre était trop cool. Mais peut-être que personne de notre famille ne s’intéressera à la généalogie que l’on aura mis une vie à établir.

Alors que faire si l’on veut survivre ? Faire comme Highlander et décapiter les concurrents généalogistes afin d’être le dernier ? Haro sur Beaucarnot !!!
Plus sérieusement, pour survivre, pour devenir comme Christophe Lambert (un mauvais acteur ?), il faut prendre ses précautions. Tout d’abord,

Faire le lavage de cerveau du plus proche parent

Il faut le prendre au berceau et, au lieu du Disney classique, lui mettre le DVD de cartes postales anciennes de Roquefort-la-Bédoule et ce, en boucle. Une fois que le jeune Kévin aura perdu la notion du temps, lui montrer un arbre généalogique et lui faire apprendre par cœur la liste des ancêtres. Une mauvaise réponse : on remet le DVD. Une bonne réponse : Un carambar. Au bout de quelques semaines et d’un rendez-vous chez le dentiste pour les caries, on passe à la recherche. Vous le plantez devant l’ordinateur et vous lui dites : « Maintenant, tu vas te taper les 1000 vues du registre 1650-1680 de la paroisse Saint-Géry de Valenciennes. »
En somme, au bout d’un an, il n’aura d’autres horizons que la généalogie et la recherche. Pour être sûr de le dégoûter au maximum du temps présent, vous le larguez une nuit dans un camp de Roms et une journée à la CAF. « Voilà l’homme moderne, mon fils !!! »
Il sera à vos pieds et vous pourrez lui transmettre vos recherches. Ouf, l’honneur est sauf !

Sinon, vous pouvez donner vos affaires aux archives

« Bonjour, c’est pour donner mes recherches généalogiques aux AD, direz-vous avec un sourire de winner.
— Prenez un ticket et faites la queue. »
Alors là, il faudra convaincre de l’intérêt de Tatie Ursule, Tatie Godensie et de Tonton Tétér (Thermidor).
Vous vous habillerez dans une robe de taffetas ou un costume Louis-Philippe, vous laissez pousser vos favoris (sauf si vous êtes une femme) et il vous faudra draguer l’archiviste qui n’a pas l’habitude du contact humain (c’est bien connu !). Avec votre sourire Colgate, vous présenterez l’inédit de vos recherches et vous glisserez un petit mot sur ce document d’exception que vous avez, un document XVIIe si possible, qui parle de la région. Et là, jackpot, l’archiviste va vouloir en faire la lecture voire la transcription. Ne la laissez pas faire !! Négociez, bon sang de bois !
« Vous voulez lire ce document inédiiiiiiiit ? Il va falloir prendre tout le reste.
— It’s a deal, pal ! »
Et là vous amenez vos cinquante-quatre cartons de notes papiers avec les relevés Geneabank et un bel arbre sur papier vergé que vous avez peint avec l’aide de Kévin.

Et paf ! voilà comment on case sa généalogie.

Si vous avez d’autres idées, partagez-les en commentaire, pour le bien de l’humanité !
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3 réflexions sur “Le généalogiste se prend-il pour Highlander ?”

  1. Il faudra aussi mettre le "Franglais" sur votre liste des langues a connaitre! A chacun de mes retours en France, je suis toujours choquee d'entendre tant de mots anglais dans la bouche de tous les Francais, meme mes vieux parents qui pensent que c'est "cool". Tres amusant votre article mais qui fait reflechir tout de meme. Que faire de ma recherche? Je n'ai pas de Kevin "to brain wash"; les archives americaines se fichent pas mal de mes recherches en France; MAIS les sites comme GENEANET et Ancestry.com sont probablement les endroits ou il faudra que je laisse mon arbre, mes sources et documents pour aider ceux qui viendront apres moi. J'espere qu'il ne finira pas par y "pourrir".
    Annick H.

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