Le généalogiste qui en voulait toujours plus…

Il était une fois…
Non, en fait, votre serviteur n’est pas très doué pour les contes de fées. J’ai toujours préféré les films d’horreurs en fait. Mais je sens que je vais divaguer et changer de sujet donc, concentrons-nous !
Je sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais on croise souvent et même de plus en plus, des individus étonnants en généalogie. Je ne parle pas des morts qui sont accrochés plus ou moins haut dans notre arbre, mais des vivants qui pratiquent la généalogie.
La dernière fois je me baladais sur un forum de généalogie et une généalogiste avait créé un sujet pour se plaindre (comme à peu près 1/3 des sujets sur les forums, les 2/3 restant étant généralement des « bonjour, aidez-moi, merci »).
Cette personne, donc, avait trouvé une info sur un arbre en ligne. Un mariage. Date exacte et ville. Mais pas la paroisse.
Du coup elle s’est plaint : « Non, mais vous comprenez, les gens mettent même pas la paroisse, c’est n’importe quoi, comment je fais pour retrouver l’acte ?
— Vous avez la date exacte, regardez dans chaque paroisse…
— Non mais lol, les registres sont énormes »
Puis, comme une plainte s’étale : « Ce sont des fainéants et probablement d’horribles copilleurs de l’enfer ! Ils auraient pu marquer la paroisse avec le numéro de vue du registre ! Franchement, la généalogie, c’était mieux avant, quand les gens la faisaient pour toi en te donnant la source exacte »
Au final, la madame avait une date exacte et une ville et un autre arbre indiquait la paroisse, ce qui fait qu’une bonne âme passant sur le sujet lui a dit le nom de la paroisse avec en pièce jointe l’acte.
Bref, je plains la personne qui a mis l’info en ligne, dont elle s’est servie et qu’elle n’a pas remercié mais injurié pour ne lui avoir pas donné tous les éléments qu’elle voulait.
bruce campbell film GIF
Un copilleur de l’enfer venu kidnapper l’acte de décès de tatie Ursule
Parce que c’est ça la beauté de la généalogie, parfois. On en veut toujours plus ! Ca m’arrive d’en vouloir plus, c’est normal. Mais y a des moments où je ne sais plus si je dois rire, pleurer ou m’énerver (indice : dans le cas précédent, j’étais assez énervé).
Vous le savez, votre serviteur poste des relevés systématiques en ligne. Cela me donne une chance inouïe : recevoir pleins de messages.
Un échantillon, un peu modifié pour mettre en avant l’absurde de la situation :
« Bonjour cousin, j’ai vu dans ton relevé de Nice 1883-1892 mon arrière-grand-père ! Tu es lié à quel niveau avec lui ? »
Oui, ça m’est déjà arrivé qu’on me prenne pour un cousin parce que, quand on fait un relevé systématique, on est de la famille de tout le monde dans le relevé. Et quand on en fait près de 190, on a quelques centaines de milliers d’ancêtres au XIXe siècle.
Mais ça c’est drôle, parce que la personne a mal compris, parfois c’est du genre :
« Bonjour, vous citez ma grand-tante dans votre relevé de Trifouillies-les-Oies. Que pouvez-vous me dire de plus sur elle ? »
Je vous demande, chers lecteurs, de m’imaginer, chez moi. Un manoir immense. Des dizaines de pièces avec des des meubles renfermant des « dossier noirs » sur chaque personne apparaissant dans mes relevés. Puis, trouvant le dossier de la grand-tante incriminée, au milieu de centaines de milliers d’autres, me dire : « Tes secrets, tatie Godensie, vont être révélés ».
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La salle B8 réservée aux dossiers secrets de Sacrés Ancêtres, lettres BA-BE
Et ce genre de mail, j’en reçois un par semaine. Parfois c’est « J’arrive pas très bien à comprendre le site de ces archives, est-ce que vous pouvez y aller, chercher l’acte et me l’envoyer ? »
Au début, ça m’énervait. Terriblement. On fait quelque chose qui a pour but de rendre service et on reçoit ce genre de message parfois sans « merci » ou « s’il-vous-plaît » avec la demande saugrenue de vous en demander encore plus.
Maintenant, je laisse passer. Je réponds plus à ces messages, à vrai dire, je les mets dans la catégorie : « Viagra », « Dating for Sex », « Votre maux de passe Apple doi être confirmer ». Le courrier indésirable, quoi.
Parfois, j’en ris. Et il vaut mieux ça que de finir comme cette bénévole qui passe son temps à dire que les gens sont des méchants ingrats, qu’elle les déteste, qu’on la prend pour une poire et qui continue à s’auto-flageller en persistant dans un bénévolat qu’elle finit par haïr.
Alors oui, c’est l’histoire du généalogiste qui en voulait toujours plus, mais rien de grave ! ça arrive dans tous les domaines. Essayons plutôt de rire un bon coup et de faire ce qu’on aime, non ?
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9 réflexions sur “Le généalogiste qui en voulait toujours plus…”

  1. C'est tellement vrai.
    On peut se demander quel est l'intérêt d'avoir des infos sans un minimum de recherches. En quoi est-ce une démarche de généalogie ?
    Merci pour cet article. 🙂

  2. Ouaip …. j'ai beau n'indexer qu'un petit village du Poitou, je commence à recevoir beaucoup de ce genre de messages ….. Je crois qu'il faut en rire, dire à la bénévole qui en a marre de faire une pause, éteindre son ordinateur, ou penser à tous les gens super sympas qui essaient de ne pas se prendre la tête 🙂
    Et bravo pour ton humour, j'adore 🙂

  3. Très exact… on trouve des internautes qui perdent la notion de "recherches" car ils possèdent d'énormes lacunes de méthodologies… Lire les registres, les tables, faire des recherches croisées, utiliser d'autres archives que l'EC… apprendre à chercher est toujours plus bénéfique et formateur que de recevoir tout tout cuit. 😉

  4. L'un empêche pas l'autre recevoir du tout cuit, c'est bien aussi. J'en ai bénéficié et cela m'a été très utile. Au point que quand je fais une recherche et que je tombe sur des trucs importants concernant des patronymes qui ne sont pas dans mon arbre, je fais une recherche sur généanet pour voir si cela peut faire le bonheur de quelqu'un !

  5. Hehe… c'est bien de nous faire passer un bon moment de détente à la lecture de ce billet. Immanquablement, des expériences similaires pour tous ceux qui partagent.

  6. Ah, comme je vous comprends. Je crois que vous évoquez une espèce de généalogiste qui m'énerve souvent. Je suis moi-même encore jeune et j'ai commencé la généalogie à 14 ans (il y a 15 ans), au début des années 2000. Même si à l'époque Internet existait, ainsi que Geneanet, je ne sais même pas si la numérisation des actes avait commencé. Je me souviens cependant que découvrir une date, même sans la paroisse, était déjà une sorte de trésor (parce qu’arpenter la campagne cauchoise en voiture avec mon père était long et pour peu de résultats parfois). Lorsque j'ai sérieusement repris la généalogie après mes années Lycée, la numérisation avait commencé, l'information était plus disponible, et j'a repris systématiquement mon arbre (j'en suis encore en partie à cette étape aujourd'hui pour certaines branches). Eh bien, cette date sans paroisse, grâce au contexte familial reconstitué depuis lors, j'ai pu la trouver. La généalogie est une entreprise de longue haleine et ce sont les doutes, les recherches et autres échecs (parfois) qui en font le charme (et une drogue aussi accessoirement).

  7. Dans cet article ce que tu écris avec tant d’humour, on se reconnaît tous. Tu nous déculpabilises de ne pas répondre à ceux qui n’ont pas compris que la généalogie est une quête très personnelle.
    Souvent j’hésite entre le silence et une réponse bien pesée pour éviter de perdre mon temps avec les trolls ! C'est l'humour qui va nous sauver …

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